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Une association naît...

mardi 27 mars 2007, par GuessWho, René


Vivre son homosexualité en province au XXIème siècle reste difficile.

Quelle fille, quel garçon de province n’a jamais rêvé d’un endroit où il pourrait vivre son orientation sexuelle sans avoir à se censurer ? Pouvoir se tenir la main ou s’embrasser sans devoir craindre les regards assassins ?

C’est à Paris que ces amours moins banales sont le plus libres. Autour du Châtelet, on croise aussi bien des couples homos qu’hétéros. Notre capitale ne s’effraie pas de la diversité.

Hors de ce microclimat, la température se refroidit nettement. La province est encore souvent une prison pour celles et ceux qui aiment autrement. Ajoutez à cela que les jeunes gays ont 4 à 7 fois plus de risques de se suicider que leurs camarades hétéros. Il faut ouvrir la prison. Histoire de vivre. Nous voulons faire sortir du placard l’homosexualité et la bisexualité des jeunes caennais.

Nous, caennais, ne sommes certes pas les plus mal lotis, mais il reste à faire. Les insultes et l’homophobie latente nous enjoignent à toujours baisser la tête. Les agressions et les intimidations nous poussent à raser les murs. Deux fois non ! A partir de maintenant, nous mettons nos forces et nos convictions à lutter contre les violences qui nous meurtrissent encore trop souvent.

Nous ne voulons pas devoir choisir entre nous déraciner pour vivre dans l’indifférence parisienne ; ou alors rester sur les lieux de notre naissance en nous réfugiant dans de rares établissements spécialisés et sur internet.

Aujourd’hui, aucune structure spécifiquement jeune n’existe pour informer les jeunes caennais sur l’homosexualité et la bisexualité. Le milieu scolaire et universitaire feint encore et toujours d’ignorer l’existence des gays et des lesbiennes. En 2007, on ment encore à ses amis et à ses familles pour éviter que l’amitié ne déserte tandis que l’amour reste introuvable.

Aujourd’hui, la prévention des IST (infections sexuellement transmissibles) est quasi-absente des Campus. Pourtant, la cadence infernale des contaminations par VIH mais aussi par d’autres IST n’épargne personne. A Caen comme ailleurs, chaque année, des jeunes sont touchés. Le temps que vous lisiez cet édito, 30 personnes dans le monde auront contracté le virus du sida.

Nous sommes convaincus que ce n’est qu’en agissant que les mentalités évolueront. Vivre son homosexualité ne doit pas dépendre du lieu où l’on vit. Nous sommes tous des citoyens de la République. Ici comme ailleurs, l’orientation sexuelle ne peut plus être un obstacle à la liberté, l’égalité, ni la fraternité.

Sans honte et sans prosélytisme, nous ouvrons la porte.


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